Le livre
Fédérateur et omniprésent, en avance sur son temps, le sport
semble avoir réussi le pari
de la mondialisation. En instaurant des règles communes pour mieux se
diffuser, il peut
aujourd’hui rassembler la planète entière dans un même élan à l’occasion
de grandsévénements, tels que les Jeux olympiques ou les Coupes
du monde de football.
Alors
qu’historiquement, le sport était porteur de valeurs universelles,
il s’inscrit désormais au
cœur d’enjeux économiques et politiques (voire géopolitiques),
comme une composante
essentielle du marché mondial et un support de pouvoir.
Dans un monde sans cesse en mouvement, le sport aurait-il acquis une portée
et une
importance qui le dépassent ? L’Atlas du sport mondial questionne
les problématiques qui
le confrontent avec l’existence d’une société de dimension
planétaire : quand et comment
le sport s’est-il diffusé ? Pourquoi s’est-il institutionnalisé ?
Dans quelle mesure est-il
devenu un instrument de puissance ?
Quelle forme prend le grand marché du
sport
(industries, sponsors, médias, transferts de joueurs…) ?
L’idéal
sportif survit-il aux
nouvelles donnes d’une pratique toujours plus médiatisée
et spectaculaire ?
Riche d’une cartographie ludique et inventive, cet atlas
pose un regard original sur les
sports, du rugby au basket-ball, du tennis à l’athlétisme,
du curling aux joutes nautiques… Parmi eux, seul le football apparaît
véritablement universel ; les
autres conservent un
ancrage régional fort.
En effet, la mondialisation n’a pas effacé toutes
les origines
spatiales et culturelles des sports : ils ont dessiné, avec elle, leur
propre géographie, leurs
propres territoires.
Les auteurs
Les trois auteurs sont maîtres de conférences en géographie à l’université de
Franche-
Comté et chercheurs au Laboratoire Thema (UMR CNRS 6049).
Pascal Gillon étudie depuis une dizaine d’années le sport
international, principalement
sous l’angle géopolitique. Il s’intéresse plus particulièrement
au monde olympique, en
tentant d’analyser les jeux de ses acteurs ainsi que les résultats
sportifs.
Frédéric Grosjean observe le sport en tant que service local dans
une perspective
d’aménagement du territoire. Depuis dix ans, ses recherches portent
aussi sur la
diffusion des différentes formes de la pratique sportive. En 2003, il
a mis en place un outil
d’observation de la pratique du football amateur dans un cadre régional.
Loïc Ravenel travaille depuis une quinzaine d’année à la
mise en oeuvre des méthodes
d’observation et d’analyse spatiale dans le champ sportif. Il concentre
ses recherches sur
le sport professionnel à travers les processus de localisation des clubs
et la migration des
sportifs. En 2006, il a fondé l’Observatoire des footballeurs professionnels.
Présentation de
l'éditeur
Codifié par l'Angleterre triomphante au soir du XIXe siècle,
le football est devenu le sport le plus populaire du monde. Or, son histoire
reste largement méconnue. Comment sont nés clubs, fédérations
et compétitions internationales ? Quand et pourquoi ont été fixées
les règles concernant le nombre de joueurs ou la dimension du ballon,
en passant par les cartons jaunes et rouges, les corners ou le point de
penalty ? Quelles ont été les grandes évolutions tactiques
et techniques du jeu, dribbles ou coup de tête ?
C'est à toutes
ces questions, et à bien d'autres encore, que répond cet
ouvrage sans précédent, appuyé sur une documentation
inédite, provenant en particulier des archives de la FIFA. On y
découvrira naturellement le roman vrai des grands clubs - Ajax,
Bayern, Liverpool, Saint-Etienne, Real, Barcelone -, des entraîneurs
charismatiques et des joueurs d'exception tels Puskas, Di Stéfano,
le roi Pelé, Cruyff, Maradona, Kopa ou Platini.
Mais on y apprendra
aussi beaucoup sur l'instrumentalisation du football par les totalitarismes
et les liaisons dangereuses avec l'argent roi, décuplées
par la télévision. A l'heure du déclin des idéologies
et des liens collectifs, le football fait office de religion civile où s'exacerbe
le sentiment d'appartenance. Sport de tous les excès, il conjugue
les paradoxes : tentation individualiste et esprit d'équipe, fraternité sportive
et déchirements nationalistes, impératifs de gestion et dérives
de la spéculation, égalité théorique du jeu
et inégalité réelle des équipes. En résumé,
il en dit beaucoup sur notre histoire en général et sur la
mondialisation en particulier.
Biographie de l'auteur
Paul Dietschy est ancien élève de l'Ecole normale supérieure
de Fontenay-Saint-Cloud et agrégé d'histoire. Aujourd'hui
maître de conférences à l'université de Franche-Comté,
il y enseigne l'histoire contemporaine et l'histoire du sport, et coanime
avec Patrick Clastres un séminaire sur l'histoire du sport au Centre
d'histoire de Sciences-Po (Paris).
Le Football et l’Afrique
Paul Dietschy et David-Claude Kémo-Keïmbou
Editions Paris, E/P/A – FIFA - 2008
Alors que les grands médias
internationaux véhiculent trop souvent une vision catastrophique de l’Afrique
en n’évoquant que les fléaux (guerres, épidémies, pauvreté) qui frappent
ses habitants, le football offre une image beaucoup plus positive du
continent. Au rythme des compétitions continentales (Coupe d’Afrique
des nations en particulier) ou mondiales, au gré des exploits des stars
du ballon rond d’origine camerounaise, ivoirienne ou ghanéenne, les Africains
sont désormais des acteurs à part entière du sport-roi de la mondialisation
sportive, au contraire de la globalisation économique qui les relègue à ses
marges. Tel est le pouvoir du ballon rond qui est devenu depuis le début
du vingtième siècle un puissant moyen de mobilisation nationale et d’affirmation
internationale en particulier en Afrique.
En Afrique et dans les Afriques
devrait-on dire, tant il semble réducteur de parler de l’Afrique en général.
Les différences de peuplement, de langue, de religion, de richesse, l’empreinte
des héritages historiques, en particulier celui de la colonisation et
des frontières qu’elle a imposées, contribuent à y former en effet une
mosaïque aux motifs variés et complexes.
Pourtant, par-delà les différences de couleur, de culture, de développement économique,
le football constitue un véritable trait d’union dans l’histoire et la géographie
de l’Afrique.
Importé par les colons, diffusé par eux de manière très inégale et plus ou moins
volontairement auprès des populations « indigènes », le ballon rond est vite
devenu l’un des divertissements préférés de l’homme africain évinçant parfois
les exercices physiques pratiqués depuis le temps des Pharaons.
La simplicité d’un jeu égalitaire et économique a bien évidemment joué comme ailleurs dans ce succès. Mais le football est aussi devenu un mode d’expression inégalé dans des sociétés soumises à l’oppression coloniale.
Comme les nationalistes ont su retourner les idéaux des droits de l’homme et de la démocratie contre le colonisateur, les footballeurs africains et leurs dirigeants ont utilisé l’arme du football pour construire un espace de relative liberté dans lequel leur valeur physique et technique devint le vecteur de leur aspiration à l’égalité, l’autonomie et pour terminer l’indépendance.
Autrement dit, on peut lire au travers l’histoire passionnée, souvent mouvementée du football, ou plutôt des footballs africains, les combats du continent pour sa liberté, sa reconnaissance et, dans le cas de certains territoires, sa survie. De fait, le ballon rond a été associé de près ou de loin à la lutte contre le colonialisme et l’apartheid, il a fortement eu à voir avec la construction souvent difficile de nouveaux Etats-nations et l’insertion de ces derniers dans les relations internationales. Il est ainsi devenu et reste encore un enjeu essentiel dans l’exercice du pouvoir des gouvernements autoritaires ou dictatoriaux qui parsèment le continent.
Par ailleurs, les tribulations des footballeurs africains en Europe sont symptomatiques de la manière dont l’ « l’indigène » devient un « immigré » plus ou moins reconnu et accepté.
Et, pour finir, on peut lire en partie dans la situation du football africain
plus de cinquante ans après la fondation de la Confédération africaine de football
(CAF), la position de l’Afrique dans le monde entre authenticité et extraversion,
affirmation et domination. C’est donc cette insertion du football dans l’histoire
politique, sociale et culturelle de l’Afrique que cet ouvrage se propose de traiter.
Ses auteurs se sont d’abord appuyés sur les travaux des historiens, sociologues,
ethnologues, anthropologues et journalistes qui, depuis une vingtaine d’années,
ont, comme eux, commencé à investir cet objet délaissé par l’histoire avec un « grand
H ». Ils ont surtout bénéficié, sur un sujet pour lequel les archives sont éparpillées
ou ont été détruites, des fonds conservés au siège de la Fédération internationale
de football association (FIFA) à Zurich.
Qu’il s’agisse des séries de dossiers
concernant les Congrès, les activités des présidents ou du Comité exécutif ou
la correspondance échangée entre la FIFA d’une part, les fédérations africaines
et la CAF d’autre part, ou encore du vaste corpus documentaire cédé par le journaliste
Faouzi Mahjoub à la FIFA réunissant sources manuscrites, imprimées ou iconographiques,
ils ont pu bénéficié d’un accès libre et total à des sources d’informations exceptionnelles,
comme en témoignent notamment les illustrations photographiques accompagnant
le texte.
Le Métissage par le foot
L'intégration, mais jusqu'où ? Yvan Gastaut Préface de Lilian Thuram
Editions Autrement collection « Frontières » dirigée
par Henry Dougier
Le 12 juillet 1998,
au terme d'une grande épopée devenue mythique, la France "black,
blanc, beur" devient championne du monde de football. Cette victoire
des Bleus provoque un état de grâce spontanément
partagé par les Français avec le pouvoir politique et les
médias. Un patriotisme d'un nouveau genre se forge autour du thème
de la diversité culturelle et de l'intégration. Mais la
parenthèse se referme vite: en 2001 avec les incidents du match
France-Algérie et en 2002 avec l'échec collectif lors de
la Coupe du monde, le football perd ses vertus euphorisantes dans un
contexte bouleversé par le "séisme" du 21 avril
2002.
Dans cet ouvrage d'histoire immédiate Yvan Gastaut, maître
de conférences en histoire contemporaine à l'Université de
Nice et président de We are football association, décrypte
les mutations de l'espace public sur la période 1996-2002 entre
le populaire et les élites, entre la rue et les médias. Il
analyse, à travers le football, comment l'articulation entre universel
et nation se trouve redessinée, mêlant une vision planétaire,
sorte de "mondovision", et la glorification d'une nouvelle forme
de patriotisme fin de siècle. Facteur d'intégration mais
aussi caisse de résonance des comportements racistes, le football
pose la question du métissage et de la place de la différence
culturelle au sein de la société française.